Informations générales
Référence : UMR5115-BAUDUP-001
Lieu de travail : PESSAC
Date de publication : jeudi 9 mai 2019
Nom du responsable scientifique : Baudouin Dupret
Type de contrat : CDD Doctorant/Contrat doctoral
Durée du contrat : 36 mois
Date de début de la thèse : 1 octobre 2019
Quotité de travail : Temps complet
Rémunération : 2 135,00 € brut mensuel
Description du sujet de thèse
L’étude des recompositions de l’Etat en contexte plus ou moins autoritaire ne peut faire l’économie du rôle que les gouvernants entendent faire jouer au droit et aux institutions de la justice. Il est en effet marquant de constater à quel point les gouvernants se sentent contraints et justifiés, dans ces régimes, à saisir les institutions du droit pour mener leur politique. La théorie positiviste marque une distinction nette entre le droit et la morale, considérant qu’une règle n’a pas besoin d’être morale pour être juridique et, partant, que l’Etat de droit (rule of law) peut être réduit au gouvernement par le droit (rule by law). Cela suppose en général deux choses: d’une part, que les gouvernants mettent en place un arsenal législatif susceptible de fonder cette conception autoritaire de la gouvernance; d’autre part, qu’ils réduisent au maximum la part interprétative du travail des juges, qu’ils cantonnent à leur rôle de “bouche de la loi”. Cette formule de gouvernement par le droit ne doit pas être confondue avec cette autre formule qui consiste en la violation par un Etat et ses institutions des règles juridiques de façade qu’il n’édicte qu’à des fins d’affichage et de consommation internationale. En contexte autoritaire, on peut observer des usages du droit correspondant à l’une ou l’autre de ces formules ou à une combinaison des deux. Entre usage restrictif et usage cosmétique du droit, il existe un continuum de situations où le droit est instrumentalisé à diverses fins. Dans tous les cas de figure, l’on constate le recours au droit comme outil de l’autoritarisme. En parallèle, on observe que la construction autoritaire de l’Etat n’est jamais parfaite et que les acteurs et usagers des institutions concernées investissent les interstices laissés vacants par les gouvernants et cherchent à exploiter les marges qui leur sont offertes. C’est à l’étude de ces usages du droit, à l’exploration de ces cas de figure et à leur documentation empirique que la thèse devra s’atteler.
Contexte de travail
Pôle de recherche et d’enseignement pluridisciplinaire d’envergure reconnu internationalement, Les Afriques dans le monde est rattaché au CNRS et à Sciences Po Bordeaux. Il regroupe des politistes, anthropologues, économistes, géographes, historiens et littéraires. LAM est associé à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, à l’Université Bordeaux Montaigne et à l’Université de Bordeaux. Son périmètre de recherche englobe l’ensemble du continent africain, la Caraïbe, les sociétés issues de la traite et les diasporas noires.
Informations complémentaires
Le/la candidate sera titulaire d’un master. Il/elle devra nécessairement avoir une bonne formation juridique, mais aussi dans les sciences sociales s’intéressant au droit. Il/elle maîtrisera le français et l’anglais, ainsi que la langue et le système juridique du pays sur lequel il/elle mènera sa recherche. Il/elle mènera des travaux ethnographiques et documentaires, entre l’observation du fonctionnement des institutions juridiques et judiciaires, d’une part, et l’analyse des textes jurisprudentiels et des dossiers des cas étudiés, de l’autre. La thèse supposera de longs séjours de terrain. En-dehors de ces séjours, le/la candidate devra participer activemnt aux activités du laboratoire LAM et de l’école doctorale SP2.
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OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Frédéric (16 mai 2019). Contrat doctoral : Les usages du droit en régime autoritaire – Mondes arabe et musulman. Law & Anthropology / Droit & Anthropologie. Consulté le 11 septembre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/qt4h